21 avril 2017

Internet rétabli au Cameroun : Une victoire pour les citoyens, mais la vigilance demeure

Par Julie Owono Dans Communiqué de presse
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Paris 21 avril 2017 – Internet sans frontières accueille avec soulagement les nouvelles sur la restauration de la connectivité Internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, ordonnée par le président de la République, Paul Biya, le 20 avril 2017.

Depuis le 17 janvier 2017, 20 pourcent de la population de ce pays voisin du Nigéria et du Tchad ont été coupés de l’accès à Internet, en raison d’une ordre du gouvernement, arguant des risques pour la sécurité nationale et l’ordre public. La coupure Internet a coïncidé avec une répression massive des manifestations contre la marginalisation perçue de ces régions, peuplée d’une minorité anglophone.

“Nous célébrons aujourd’hui la fin de la plus longue coupure Internet jamais enregistrée sur le continent africain, et la victoire d’une mobilisation internationale à travers le hashtag #BringbackourInternet, nous regrettons qu’il ait fallu 94 jours de violation des libertés fondamentales – notamment d‘expression, communication, d’opinion et de la presse – plus de 4 millions d’euros de pertes économiques estimées, pour que le gouvernement camerounais mette fin à une mesure non nécessaire et disproportionnée “, a déclaré Julie Owono, directrice exécutive d’Internet Sans Frontières, une organisation mobilisée contre les coupures Internet.

“Cette victoire est un témoignage de la persistance, de la résilience et de la force des personnes et des organisations qui luttent pour arrêter les arrêts Internet au Cameroun et dans le monde”, a ajouté Deji Olukotun, qui mène la campagne “Keep It On” de notre partenaire Access Now pour lutter contre les coupures Internet.

Internet Sans Frontières reste vigilante: dans sa déclaration annonçant la restauration de la connectivité Internet dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le ministre de la Communication et le porte-parole du gouvernement, M. Issa Tchiroma Bakary, prévient que “le Gouvernement de la République se réserve le droit d’empêcher qu’Internet soit à nouveau utilisé pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais ou pour créer des troubles à l’ordre public “. En ces temps de discussions politiques et de débats précédant la prochaine période électorale de 2018 au Cameroun, Internet Sans Frontières appelle le gouvernement camerounais à s’abstenir d’utiliser l’accès à Internet comme un outil pour museler la libre expression des citoyens et la libre circulation de l’information.


En outre, des points importants restent en suspens: des millions de citoyens ont subis pendant 94 jours divers préjudices causés par la coupure Internet, qu’Internet Sans Frontières documente, avec l’aide de ses partenaires au Cameroun. La responsabilité de ces préjugés devra être recherchée. Les pertes économiques causées par la suspension de l’accès à Internet ont lourdement pesé sur le secteur privé, y compris les start-ups de Buéa, de la Silicon Mountain et des opérateurs de télécommunications. Ces derniers doivent à leurs clients et aux citoyens du Cameroun de la transparence sur leur rôle dans la coupure Internet, les leçons qu’ils ont appris et les mesures qu’ils prendront pour éviter que cette ne se produise à nouveau.
Le nombre de coupures Internet dans le monde a monté en flèche entre 2015 et 2016, passant de 15 à 56 cas documentés. L’Afrique a été particulièrement touchée en 2016: les gouvernements du Gabon, de la Gambie, du Mali, de la République du Congo, de la République démocratique du Congo et du Tchad ont tous interrompu l’accès à tout ou partie de leur Internet. Le point commun entre ces coupures Internet est un contexte politique tendu, sur un continent où les appels à la démocratisation sont exprimés par un nombre croissant de citoyens. Le calendrier électoral sur le continent pour les deux prochaines années peut justifier des craintes d’autres interruptions volontaires de l’accès à Internet. Internet Sans Frontières et ses partenaires sont plus que jamais mobilisés pour éviter la banalisation de ce phénomène. L’accès à Internet est un bien public, supérieur aux contingences politiques.
Contact Presse : Julie Owono, Directrice Exécutive d’Internet Sans Frontières – julie@internetsansfrontieres.org
2 Commentaires
  1. […] son communiqué saluant le retour de la connexion, Internet Sans Frontières exprime de vives craintes d’une nouvelle coupure Internet dans le […]

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  2. […] recensée en Afrique. Son impact sur l’économie du pays fut dévastateur et avait été évalué à plus de 4 millions d’euros.” a rappelé Julie Owono la directrice exécutive d’Internet Sans […]

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